Je bouquine

Constellation – Les Apparences – Sirius

Moins disponible, je prends tout de même quelques minutes pour parler de mes dernières lectures et faire mon retour sur le blog, après trois bonnes semaines d’absence ! Pour me faire pardonner, je vous délivre mes impressions sur trois lectures très différentes dans le style. Place à Constellation d’Adrien Bosc, Les apparences de Gillian Flynn et Sirius de Jonathan Crown.

Constellation – Adrien Bosc

L’histoire : 27 octobre 1949. Le nouvel avion d’Air France, le Constellation, accueille trente-sept passagers. Le lendemain, il disparaît dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. Parmi les passagers, des personnalités (Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, Ginette Neveu, violoniste prodige), des anonymes (une ouvrière, des bergers basques). A priori, des étrangers les uns pour les autres. Mais si l’on se place d’un certain point de vue, des enchaînements de causes infimes, des liens inattendus et des coïncidences troublantes surgissent, donnent à ce fait divers tragique des allures de destin.

Mes impressions : Constellation est à mi-chemin entre le travail journalistique et l’aventure fictionnelle. Voilà ce qui m’a convaincu de le lire. J’ai pourtant été très mitigée en refermant le livre. Le « récit » nous entraine autour de l’avion : Adrien Bosc rend une forme d’hommage aux victimes en retraçant leur vie, les évènements qui les ont amené à prendre le Constellation. Si j’ai été agréablement surprise et enjouée d’entrer dans l’intimité des 37 passagers, j’ai été beaucoup moins conquise par le style de l’auteur, bien trop poétique à mon goût. Cela a constitué un véritable frein, je n’ai à aucun moment été éperdument plongée dans le livre, je l’ai lu avec de la distance.
Je pense que mes attentes ont joué un rôle dans l’appréciation du livre. J’espérais trouver des explications sur les raisons du crash, du mystérieux et du technique, à la façon de La minute de vérité, cette émission qui enquête sur des catastrophes humaines ou naturelles de l’histoire contemporaine, en analysant les causes et les événements qui y ont mené. Le livre est entièrement centré sur les vies présentent dans l’avion.
A ce propos, j’ai tout de même apprécié la question du destin qui gravite autour de livre. Suit-on une route toute tracée, est-on prédestiné ? Nos choix sont-ils déterminants, irréversibles ?

 

Les apparences – Gillian Flynn

L’histoire : Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme.

Mes impressions : J’ai découvert Les apparences de Gillian Flynn en sortant du cinéma : je venais de voir Gone Girl de David Fincher. J’avais pris une sacré claque, une révolution dans le genre du thriller. J’avais été tellement subjuguée par le film que j’avais peur de ne pas être surprise par le livre, qu’il soit trop prévisible. Et effectivement, j’ai eu un peu de mal à lire la première partie, où j’ai eu l’impression de ne rien découvrir. Par contre, la seconde partie a définitivement réveillé ma curiosité : je l’ai croquée en une après-midi ! Explication.
La construction du roman est particulièrement efficace. Les points de vue s’alternent à chaque chapitre : une fois Nick, une fois Amy. Le récit de Nick se vit sur le moment, c’est l’instant présent, tandis que celui d’Amy se revit à travers son journal intime. Le décalage de style entre les deux personnages est parfaitement retranscrit. On est tour à tour compatissant de l’un ou de l’autre.
Gillian Flynn s’interroge autour du couple, de sa représentation. Faut-il se sentir différent des autres couples pour être heureux, les meilleurs ? Pourquoi les habitudes et la routine, seraient-elles néfastes ? Amy et Nick tournent/aient autour d’un idéal : s’en sont-ils convaincus en devenant un/une autre ? Toutes ces questions trouvent une réponse (et non LA réponse, je pense que chaque couple doit trouver son équilibre) et une issue (particulièrement dramatique).
La psychologie des personnages est passée au crible, les sentiments décrits avec justesse, et le suspense machiavélique. Le livre est encore plus riche que le film, les deux sont d’une grande qualité !

 

Sirius – Jonathan Crown

L’histoire : Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux États-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l’Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s’acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n’ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu’un tour de magie échoue et le fait «réapparaître» à Berlin. Il sera alors le dernier confident d’Hitler…

Mes impressions : J’ai trouvé cette fiction légère mais révélatrice. Je connais parfaitement l’histoire de la seconde guerre mondiale et si d’habitude je suis intransigeante avec les faits historiques, je me suis, pour cette fois, laissée attendrir par ce fox terrier. A la façon de Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson, Sirius se promène dans l’histoire de l’Allemagne nazi et de l’âge d’or du cinéma hollywoodien.
On y découvre le point de vue futé d’un petit chien. Les descriptions illustrent bien la relation forte, la confiance, qu’un maître et son animal peuvent développer. Son voyage, sa vie et le contexte d’un continent à l’autre sont décrits avec humour et ironie, la seconde guerre mondiale est tournée en dérision. Tout au long du roman, j’ai pensé que Sirius devait sans cesse se demander « Mais pourquoi ? » en observant les hommes faire.
Le livre se lit en une après-midi, juste le temps de changer d’air et de voir les choses d’un point de vue canin.

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