Sur les planches

Soirée Amsterdam Express – J’ai été au théâtre

J’aime les découvertes. Pourtant, comme vous l’aurez remarqué, mes chroniques culturelles se résument principalement à la lecture et au cinéma. Le #clublectureMS a réveillé mon appétit littéraire, mon job au cinéma Gaumont Wilson de Toulouse m’a poussé à explorer d’avantage mes horizons cinématographiques, et je me sens à l’aise pour délivrer mes impressions dans ces domaines là. Aujourd’hui, je vous parle de ma curiosité grandissante, et je vous raconte ma sortie au Théâtre Garonne pour le moins loufoque dans le cadre de la soirée Amsterdam Express.

Oui, j’ai été au théâtre. Rien d’extraordinaire à première vue. Pourtant, cela faisait bien deux ans que je n’étais pas entrée dans une salle de spectacle dédiée à cet art. Cette sortie m’a demandé un effort considérable car lorsque l’on part de rien, d’une culture théâtrale quasiment nulle, difficile de faire un choix. Mais j’avais l’envie. J’ai écumé les programmations des différents théâtres, j’ai approfondi mes recherches sur les titres de pièces qui me parlaient sans trop savoir pourquoi, et j’ai choisi. Au hasard, à l’intuition pure.

 

How Did I Die – Davy Pieters / Frascati Production

L’histoire : « Comment je suis mort » : dans How Did I Die, le temps n’est pas fiable : ni la période à partir de la découverte du corps jusqu’à la conclusion possible, ni les éventuelles dernières heures avant le décès. Rien n’est certain. Temps et vérité sont manipulés, des théories conspiratrices sont révisées. La vérité est un puzzle complexe dans lequel nos fantasmes peuvent être atrocement (ir)réels. Un seul meurtre a eu lieu, mais d’innombrables chemins y mènent. La reconstitution nous rapproche-t-elle de la vérité ou nous en éloigne-t-elle ?

Mes impressions : J’ai adoré ! La mise en scène (avec les nombreuses marches arrières des personnages) était fascinante et illustrait de façon très originale le postulat de départ : « comment elle est morte ». Je venais juste de refermer Le dévouement du suspect X de Keigo Higashino, que j’avais trouvé particulièrement renversant dans sa construction pour un polar. Cette pièce possède exactement la même caractéristique. Défilent devant nos yeux toutes les façons dont le meurtre auraient pu se dérouler (il s’agit là de mon interprétation).
La violence du meurtre et sa proximité (sur la scène) m’ont saisi. Les comédiens étaient très justes dans leur interprétation et ça en été effrayant. J’en suis même arrivée à penser que « le meurtrier présumé » avait « la tête de l’emploi ». L’horreur.
J’ai eu un gros coup de coeur pour la musique, qui accompagnait parfaitement les scènes. Voici un extrait de la pièce pour vous faire une idée de l’osmose terrifiante qui régnait !

 

Recovery – Florentina Holzinger / Frascati Production

L’histoire : Tout à commencé avec l’accident de Florentina Holzinger, tombée à trois mètres de hauteur lors d’une représentation de Silk en Norvège. Recovery  (tiré du titre du septième album du rappeur Eminem) est né de ce traumatisme, après une longue période de convalescence. Sur la scène qu’elle  investit comme une arène, la danseuse se transforme en véritable guerrière, abordant la posture du combat comme processus de guérison. Chaque épisode de Recovery se caractérise par une renaissance tant physique que spirituelle et par la reconquête de ce qui semblait être perdu. La performance émerge de la conviction que le seul art qui vaille la peine d’être créé est l’art qui guérit. Recovery trouve son origine dans un projet de solo – reporté du fait de son accident  -, inspiré par le ballet légendaire de George Balanchine et Igor Stravinsky (1957), intitulé Agon , c’est-à-dire « combat » en grec.

Mes impressions : Je suis bien plus mitigée que pour l’autre pièce : j’ai eu plus de mal à comprendre les propos, l’interprétation. Le nu est très présent. Il ne me dérange pas habituellement, je le trouve même très artistique, esthétique ou provocateur. Je l’ai trouvé ici dans l’excès, l’exagération : nous avions les yeux droits dans la raie des fesses des personnages.. En tout cas, je n’ai pas su capter les intentions du metteur en scène. Ou peut-être, était-ce l’intention du metteur en scène ?!
J’ai aussi trouvé la pièce un peu longue par moment, notamment la scène d’un match de boxe en tant réel et dans les règles de l’art, c’est-à-dire avec ses rounds et ses pauses.
J’étais plus dans la contemplation qu’à la recherche d’un réel intérêt. J’ai eu un énorme sentiment de déchéance alors que le propos parle plutôt de renaissance. La pièce était osée, décalée mais je n’ai pas vraiment accroché.

Recovery

Alors au final ?

Les premiers mots prononcés m’ont donné nerveusement envie de rire. Cette proximité avec les comédiens est tellement réelle que les premiers instants j’ai retrouvé ce lien troublant. Une fois passé ce moment, j’ai savouré. Impossible de rembobiner, de revoir exactement la même pièce. Le moment est unique, je ne cligne pas trop des yeux, je n’en perds pas une miette ! La magie du théâtre opère.

Je regrette de ne pas avoir ce réflexe plus régulier de consulter les programmations théâtrales. Ce n’est pas une question d’accessibilité : à Toulouse, avec le tarif -26 ans, les places sont plutôt abordables. Je crois que c’est vraiment une question de manque de connaissances (et de médiatisation ?). Cette ignorance me fait sentir – à tort – moins à l’aise et moins aventureuse. L’étiquette sélective que j’ai, malheureusement, collé au théâtre se décolle, et heureusement ! J’ai pris mes places pour une autre pièce prochainement.

Cette soirée là, la programmation était contemporaine, éclectique et déroutante. Je n’ai pas tout aimé, mais je suis amoureuse de l’idée d’être allée au théâtre.

++ : La salle de spectacle principale du Théâtre Garonne est splendide et je salue l’audace de la programmation. Elle est d’ailleurs à retrouver ici !

Previous Post Next Post

No Comments

Leave a Reply